Y-a-t-il un pilote pour la prévention de la radicalisation ?

, par  La gazette des communes

Voilà plus de trois mois que le secrétariat général du comité interministériel de la prévention de la délinquance (SG-CIPDR) n’a plus de tête. Une information relayée par Le Monde avançait à la fin septembre le nom du préfet Fréderic Rose pour remplacer Muriel Domenach, nommée ambassadrice de la France auprès de l’Otan le 19 juin dernier. Mais toujours rien. Et ce, en dépit de l’attaque du 3 octobre à la préfecture de police de Paris. Difficile à comprendre donc, quand on sait que l’une des missions phare de cette instance est justement la mise en œuvre du volet préventif du plan gouvernemental de lutte contre le terrorisme…

C’est d’ailleurs en substance la situation dénoncée ce mardi 15 octobre par la délégation du Sénat aux collectivités territoriales. Dans un communiqué, son président, Jean-Marie Bockel, dont les travaux ont largement inspiré le plan gouvernemental, demande une « nomination rapide » à la tête du SG-CIPDR afin de « relancer la lutte contre la prévention de la délinquance et de la radicalisation ». Il estime également qu’il faudrait réaliser « une première évaluation sérieuse » du plan national de prévention de la radicalisation du 23 février 2018 « pour s’assurer de sa pertinence et de son efficacité ».

Outre la radicalisation, Jean-Marie Bockel juge « urgent de finaliser la nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance attendue depuis 2017″. Dans ce cadre, il appelle à « conforter la coproduction locale de sécurité, (…) qui est l’un des acquis des dernières années », allusion à la polémique née des propositions du rapport Fauvergue-Thourot sur le continuum de sécurité qui préconise de recentraliser le pilotage du partenariat local. Une proposition unanimement rejetée par les maires.

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