Les effets de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation sur les populations musulmanes en France

Cette étude se base sur un échantillon de 927 entretiens, dont 426 effectués auprès de personnes se déclarant comme « musulmanes » et 501 auprès de personnes n’ayant pas de lien avec l’islam.

L’échantillon musulman·e·s se distingue du groupe de contrôle par la distribution des âges (les musulman·e·s sont dans l’ensemble plus jeunes), des situations professionnelles (plus d’inactif·ives tels que les enfants ou étudiant·e·s, moins de retraité·e·s, plus d’employé·e·s et d’ouvrier·ère·s) par leur pratique religieuse (plus assidue) et par leur positionnement politique (plus à gauche).

Les musulman·e·s ont, dans l’ensemble, autant (voire légèrement plus) confiance que le groupe de contrôle dans la majorité des institutions de l’État et de la société française (armée, sécurité sociale, école, mairie, justice, etc.). Comme le groupe de contrôle, ces dernier·ère·s placent les politiques et les médias au bas de l’échelle. Les deux institutions qui obtiennent un score de confiance inférieur par rapport au groupe de contrôle sont les forces de l’ordre et les médias.

Les musulman·e·s se sentent discriminé·e·s dans tous les domaines couverts par cette enquête (santé, école, logement, police, emploi, vie quotidienne) et cela d’une façon bien plus importante que les non-musulman·e·s : 2,2 fois plus lors d’une recherche de logement ; 3,2 fois plus à l’école ; 5,3 fois plus lors d’interactions avec la police.


Auteurs :
Francesco Ragazzi (Centre d’Étude sur les Conflits, Liberté Sécurité, CCLS et Université de Leiden) Stephan Davidshofer (Centre d’Étude sur les Conflits, Liberté Sécurité, CCLS et Université de Genève, InCite/GSI) ; Sarah Perret (Ecole Normale Supérieure, Chaire Géopolitique du Risque) & Amal Tawfik (Université de Genève, InCite)