L’état d’urgence, ou la radicalisation de l’Etat français face au terrorisme

, par  Action Droits des Musulmans

Hassina Mechaï, collaboratrice régulière de MEE, publie ce 10 avril un livre sur l’état d’urgence co-écrit avec Sihem Zine, présidente d’Action Droits des Musulmans. Réflexions sur un régime juridique qui fait subtilement glisser la France d’un État de droit vers un État sécuritaire

Appelons-le Malick. De tous les témoignages recueillis pour ce livre, 25 au total, c’est peut-être le plus poignant. Cet homme d’une trentaine d’années est encore meurtri, de façon évidente. Malick désire désormais se consacrer uniquement à ses enfants et oublier cette nuit où la porte de son appartement a été soufflée et où les coups se sont mis à pleuvoir.

« C’était dans la nuit du 15 ou 16 novembre 2015, entre le dimanche et le lundi qui ont suivi l’attentat du 13 novembre. Il était 1 h 30 du matin. C’était donc juste après la déclaration de l’état d’urgence. Alors que je dormais, j’ai entendu un bruit bizarre venant de la porte d’entrée. Je me suis dirigé vers elle, puis j’ai regardé par la loupe [le judas]. Je n’avais pas pris le temps de m’habiller. J’ai alors vu des hommes cagoulés derrière la porte. J’ai à peine eu le temps de reculer la tête que la porte a sauté, elle s’est arrachée littéralement. Pourtant, c’était une porte blindée. Puis ils sont entrés », raconte-t-il.