La Turquie commence à renvoyer les premiers djihadistes étrangers capturés en Syrie

, par  Le Monde

La Turquie avait promis, la semaine dernière, d’expulser prochainement les djihadistes occidentaux de l’organisation Etat islamique (EI) détenus dans les prisons turques. Lundi 11 novembre, Ankara a mis ses menaces à exécution. « La Turquie n’est pas un hôtel pour les combattants de l’EI », s’est justifié ces derniers jours le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu. « Inutile de courir dans tous les sens, nous allons vous les renvoyer. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez », a-t-il ajouté. Plein de ressentiment envers ses alliés occidentaux, critiqués pour leur manque d’empressement à récupérer leurs ressortissants, le gouvernement turc met la pression.

Pour l’heure, trois djihadistes ont été expulsés vers leurs pays d’origine : un Allemand, un Danois et un Américain. Autant le renvoi des deux premiers prisonniers s’est déroulé sans encombres, autant le troisième s’est avéré problématique. L’homme, présenté par les autorités turques comme « un terroriste américain », a été refoulé vers la Grèce par le point de passage de Pazarkule, en Thrace orientale. Comme Athènes lui a refusé l’entrée et que la Turquie n’a pas voulu le reprendre, le djihadiste s’est retrouvé piégé dans la zone tampon entre les deux pays, à en juger par des images diffusées lundi par l’agence de presse turque DHA.

Sept autres « terroristes étrangers d’origine allemande seront expulsés jeudi », a assuré Ismail Catakli, le porte-parole du ministère turc de l’intérieur. Quinze autres renvois devraient suivre cette semaine, onze Français, deux Allemands, et deux Irlandais. Selon une source anonyme citée par l’Agence France-presse, les onze Français « sont majoritairement des femmes ». Certaines sont en prison en Turquie depuis longtemps, d’autres sont arrivées plus récemment. « Ces onze personnes seront traitées dans le cadre du protocole Cazeneuve et donc judiciarisées », a précisé la source.